Saint-Denis : L'association Les quartiers
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● Barrage. La Double couronne du Nord à Saint-Denis, avec « le barrage », une redoute qui commandait l’arrivée des trois routes du Havre, de Calais et de Gonesse. Le fort a disparu mais le nom du Barrage est resté au quartier. ⇔Retour ● Ceinture. Paris et ses ceintures De Lutèce à la Barrière des Fermiers GénérauxParis s’est développé par cercles concentriques au cours des siècles. Depuis l’île de la Cité, siège de Lutèce, jusqu’au boulevard périphérique actuel on compte pas moins de quatre enceintes successives qui, au fil des époques, constituaient les limites de la capitale. A chaque fois que Paris étendait ses frontières, les activités des quartiers périphériques se trouvaient rejetées vers l’extérieur. Cela explique que les usines et les ateliers se sont développés au Nord et à l’Est et que les bureaux et les résidences bourgeoises se sont plutôt étendus vers l’Ouest. Pendant des siècles et jusqu’en 1860, la sortie de Paris vers le Nord s’effectuait par la Porte Saint-Denis. Le monument existe toujours. Avec d’autres portes réalisées par Nicolas Ledoux, architecte des « Lumières », elles constituaient la Barrière des Fermiers Généraux du nom de ceux qui prélevaient l’impôt et faisaient payer l’octroi. Au-delà, le village de La Chapelle marquait l’entrée dans la Plaine qui s’étendait jusqu’à Saint-Denis. Cette plaine plate et fertile à l’abri des inondations fut agricole avant d’accueillir les premières usines. Elle constituait un « territoire d’entre-deux » entre la capitale politique et le centre religieux le plus important d’Ile de France. Les fortificationsLa construction d’une nouvelle l’enceinte est décidée en 1840 après une longue période d’hésitations. La barrière des Fermiers Généraux avait une vocation fiscale et ne constituait pas une ligne défensive. Le contexte politique post-napoléonien marqué par la crainte des armées prussiennes poussera Monsieur Thiers à engager la construction d’une muraille continue autour de Paris, de 34 km de long et de 10 m de haut. La construction du mur en pierre ponctué de 94 bastions est rondement menée ; cinq ans vont suffire grâce aux 25 000 ouvriers mobilisés. Il comporte sur l’extérieur une zone libre interdite à toute construction de 25O m. À l’intérieur, une rue longe la muraille, prémices des boulevards des Maréchaux qui seront achevés sous la IIIème République. Un chemin de fer de ceinture permettant la circulation des troupes et les approvisionnements est terminé en 1867 ; c’est l’ancêtre de la « Petite ceinture ». Des forts sont édifiés au-delà de la muraille pour compléter le dispositif de défense. Pas moins de 4 ouvrages sont construits sur le territoire de ce qui deviendra Plaine Commune : - le fort d’Aubervilliers qui accueille, entre autre aujourd’hui, le théâtre équestre Zingaro - le fort de l’Est à Saint-Denis toujours propriété de l’armée, - le fort de la Briche, à Saint-Denis à la limite d’Epinay aménagé en caserne de pompiers. - la Double couronne du Nord à Saint-Denis, avec« le barrage », une redoute qui commandait l’arrivée des trois routes du Havre, de Calais et de Gonesse. Le fort a disparu mais le nom du Barrage est resté au quartier. Tous ces ouvrages n’empêcheront pas la chute de Paris en janvier 1871, après un siège de trois mois ; les progrès de l’artillerie allemande avaient rendu les fortifications inutiles. La muraille restera encore dressée pendant de longues années ; avec les voies de chemin de fer et le canal, les contours de la Plaine seront définitivement tracés. L’urbanisation gagnera rapidement les espaces à l’intérieur de Paris, et les terrains libres au pied des murs deviendront la « zone des fortifs » haut lieu des chiffonniers et autres récupérateurs. Aujourd’hui la tradition demeure avec les Puces de Saint-Ouen dont la renommée internationale n’est plus à faire. Dans le même temps, les entreprises investissent la Plaine et vont rapidement occuper tout l’espace. En 1920, les derniers pans des fortifications sont démantelés et remplacés par une remarquable série de logements, de squares et de stades : c’est la ceinture des HBM en briques rouges. Les années 1960 voient la construction du boulevard périphérique, la voie communale la plus chargée de France avec ses 1 200 000 utilisateurs quotidiens ! Le « périph » va occuper la « zone des fortifs » recréant une barrière bien plus infranchissable dans de nombreux endroits que l’était la muraille de Monsieur Thiers ! Cette construction a eu peu d’égards pour les communes du Nord et de l’Est de Paris avec ses hauts murs ou ses fossés bruyants et pollués. L’échangeur de la Porte de la Chapelle restera un modèle de « plat de nouilles » illisible pour les automobilistes et inaccessible pour les piétons. Ainsi, la nécessaire liaison entre Paris et Plaine Commune reste un casse tête pour les urbanistes mais surtout pour les usagers quotidiens. 1860 : Paris dans ses nouvelles frontières 20 ans après la construction des fortifications, une loi décide de l’annexion à Paris du village de la Chapelle. Les terrains situés à l’extérieur seront partagés entre Aubervilliers et Saint-Denis. En 1871, les habitants de la Plaine Saint-Denis demande la création d’une nouvelle commune se considérant trop éloignés du centre de Saint-Denis. Ils estiment que l’administration de cette dernière : « ne considérera jamais la Plaine comme partie intégrante de la ville… ». Une mairie avait mène été prévue dans le « château », belle demeure bourgeoise encore existante, bien qu’agrandie, au 124 avenue Wilson. Las, cette autonomie sera refusée et les habitants garderont l’habitude de dire : « on va à Saint-Denis » quand ils vont au grand marché du dimanche matin en centre ville. Avec les travaux du Baron Haussmann, et le développement du réseau de voies ferrées, Paris va manqué de place. La capitale va alors, acheter de vastes terrains extra-muros pour y rejeter tout ce qui la gênait : les cimetières, les gares de triage les usines à gaz ….. et aussi les ouvriers ! Dans les années 1980, sur les 700 ha de la Plaine, un cinquième était encore propriété de la ville de Paris ! Il y avait même un dépôt de pavés de 24 000 m² qui n’a disparu qu’en 1998 ! Paris avait fait de sa banlieue ses « commodités » et Jean Jaurès pouvait déclarer : « Paris a besoin d’une banlieue dépotoir. Mais cette banlieue poubelle est celle de la lutte et de l’espoir : les prolétaires s’organisent en syndicats et l’idée socialiste gagne du terrain… » En 1860, le déplacement des barrières de l’octroi de Paris, poussa les artisans de Paris à s’installer à la Plaine pour s’affranchir des droits à verser pour l’approvisionnement ou l’écoulement de leurs produits. Ce mouvement accélérera l’industrialisation de la Paine. ⇔Retour Jacques Grossard, Juillet 2007 ● Gazomètres. Parlez à un ancien de la Plaine, il ne faudra pas longtemps pour qu’il évoque les gazomètres. Il faut dire que celui du Cornillon était de taille : 65 m de haut et 77 m de diamètre. Il pouvait contenir 225 000 mètres cubes de gaz. Il voisinait avec trois autres unités de belle taille sur le Landy. Ils seront démolis, le dernier en 1982 et c’est le siège de Panasonic qui occupe maintenant les lieux. Ces gazomètres étaient des réservoirs dont la cloche télescopique montait ou descendait le long d’armatures en fonction de la quantité de gaz emmagasiné. Le poids de la cloche assurait une pression constante pour la distribution du gaz. Ils ont disparu des paysages depuis l’avènement du gaz naturel qui lui est stocké dans des poches souterraines. Petite continuité historique : c’est le centre de recherche de Gaz de France implanté sur les terrains de l’ancienne usine du Landy,qui développe et contrôle cette nouvelle façon de stocker le gaz. ● C’est une véritable usine à gaz ! En langage populaire, cela désigne quelque chose de compliqué et de confus, voire un montage incertain. C’est un peu injuste pour ces fleurons de l’industrie de la première moitié du 20ème siècle. Il faut, sans doute, chercher une explication dans la taille, (les seules usines à gaz de la Plaine occupaient une centaine d’hectares) et le mystère du fonctionnement de ces installations spectaculaires, qui transformaient le charbon en gaz. ⇔Retour Jacques Grossard, Juillet 2007 ● Grenier (Fernand). Fernand Grenier né en 1902, à Tourcoing. décédé en 1992 à Saint-Denis est un militant du Parti Communiste Français rendu célèbre comme élu de la ville de Saint-Denis et par le rôle qu'il a exercé pendant la Seconde Guerre Mondiale comme représentant du PCF auprès du Général de Gaulle, à Londres puis à Alger. 1901-1932 Militant communiste d’Halluin (Nord) Le père de Fernand Grenier était domestique et sa mère, sans profession. Fernand passe son enfance à Tourcoing où il obtient son certificat d'études, puis devient apprenti boulanger. Il adhère au parti communiste juste après le Congres de Tours, en 1922 et devient secrétaire de la section des Jeunesses communistes d’Halluin, dans la banlieue lilloise. Il devient, de fait, permanent du parti sous le couvert d'un poste d'employé municipal de la commune d'Halluin. En novembre 1924, il suit les cours de l'« École léniniste » de Bobigny et se fait remarquer par ses capacités à écrire dans les journaux syndicaux et communistes. Promu à des responsabilités au sein de la Région Nord, en 1927, il est condamné à huit mois de prison pour action antimilitariste. A sa sortie, en 1928, il poursuit son action militante. 1933-1939 Vainqueur de Doriot à Saint-Denis En 1935, Fernand Grenier est chargé de la reconquête de la ville de Saint-Denis, dans le département de la Seine, dont le maire Jacques Doriot, vient d'être exclu du Parti. Aux élections législatives d'avril mai 1936, Doriot est réélu avec 700 voix d'avance, mais en juin 1937, après que Doriot ait été contraint à la démission de son poste de maire par le ministre de l'Intérieur du Front populaire, Marx Dormoy, Grenier sort vainqueur de ces élections avec 4 000 voix d'avance sur Doriot, provoquant la démission de ce dernier de son mandat de député. Le 1er Août 1937, Fernand Grenier devient député de Saint-Denis après avoir facilement battu le remplaçant de Doriot. A la Chambre des députés, il siège à la commission des comptes définitifs et des économies et à celle des Affaires étrangères. 1939-1944 Les années de guerre Mobilisé en septembre 1939, resté fidèle au parti après le Pacte Germano Soviétique, il participe en uniforme à la séance de l'Assemblée du 9 janvier 1940 en compagnie de 3 autres député de la Seine Raymond Guyot, André Mercier et Charles Michels. Tous trois refusent de se lever lorsque le président rend hommage aux armées, ce qui leur vaut d'être déchus de leurs mandats de députés. Démobilisé près d'Annecy, Fernand Grenier se réinstalle à Saint-Denis, et suivant la politique de semi-légalisation qui était celle du parti jusqu'en octobre 40, il remet en marche les organisations communistes de la ville sans entrer dans la clandestinité, ce qui lui vaut d'être arrêté le 5 octobre, puis interné à Aincourt (Seine-et-Oise), puis Fontevault (Maine-et-Loire), et enfin Chateaubriand (Loire-Inférieure) d'où il s'évade le 19 Juin 1941 en compagnie de Eugène Hénaff, Henri Raynaud et Léon Mauvais.. Après avoir difficilement repris contact avec l'appareil clandestin, il est choisi pour représenter le Comité Central lors des premiers contacts avec des envoyés de la France Libre. Il rencontre ainsi Rémy le 25 novembre 1942, et en sa compagnie, gagne l'Angleterre en Janvier 43, porteur d'une lettre du Comité Central du parti communiste et d'une autre de Charles Tillon, dirigeant des Francs Tireurs et Partisans. Il représente dés lors les communistes auprès des instances successives auprès des différentes instances de la France Libre. Mais ne peut accepter en septembre 1943 un poste de commissaire du CFLN proposé par De Gaulle sans l'aval de Jacques Duclos, alors responsable clandestin du parti dans la France occupée. Le parti communiste présente des exigences pour la participation des communistes au gouvernement provisoire. Ce n'est que le 4 avril 1944 qu'un compromis est trouvé et que De Gaulle nomme deux commissaires communistes, dont Grenier, commissaire à l'Air. Le conflit qu'il a avec De Gaulle à propos de l'affaire du Maquis du Vercors se traduit finalement par son remplacement par Jacques Tillon au poste de commissaire à l'Air. Après la guerre Fernand Grenier représente le PCF à l'Assemblée consultative jusqu'en octobre 45 où il est réélu député de Saint-Denis à l'Assemblée constituante en octobre 1945. Il conserve cette fonction jusqu'en 1968. Il est également membre du Comité Central jusqu'en mai 1964 et membre du comité national de l'Association France-URSS. Il est toujours resté pro-soviétique inconditionnel. Le 20 mars 1926, Fernand Grenier avait épousé à Neuville-en-Ferrain (Nord) Andrée, Clémence Beulque. Ceux qui l'ont connu à Londres pendant la guerre, ou plus tard à Saint-Denis parlent de lui comme d'un homme au commerce agréable et bon vivant. ● La voie royale. La Plaine est un lieu de passage depuis l’origine des temps. Le Moyen Âge voit un accroissement de ces passages avec l’activité de l’abbaye et surtout avec les pèlerinages. Les piétons, les cavaliers et les carrosses empruntaient ce chemin pavé, trop étroit et bombé. Nombreux étaient ceux « qui, pour éviter le danger qu’il y avait de passer sur cette chaussée, prenaient des raccourcis dans les terres des particuliers ». Le transfert des dépouilles des rois défunts ou les cérémonies d’ouverture des foires étaient l’occasion de grandes processions.
Le progrès, mais à quel prix ?La construction de la tranchée de l’autoroute et des échangeurs a fait appel aux techniques les plus modernes pour l’époque.
Enfin la couverture ! ⇔Retour Jacques Grossard, Juillet 2007 ● Les grandes routes du territoire
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